Les chemins de Saint Jacques de Compostelle dans les Landes

  Le pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle, en Galice, retrace le chemin pris par Saint Jacques le Majeur, martyr et évangélisateur de l'Espagne. Ce fils de pêcheur de Galilée, l'un des douze apôtres du Christ, aurait eu pour mission d'évangéliser la péninsule ibérique. De retour à Jérusalem, il y subit le martyre et y est décapité en l'an 44. Ses restes, découverts par un ermite, sont transférés à Compostelle, où, dès 838, ils font l'objet d'une dévotion intense. En France, avec pour départ Arles, Le Puy-en-Velay, Vézelay et Tours, les pèlerins empruntent quatre routes principales à convergence au pied des Pyrénées. L'une passe en Béarn vers le Somport, les trois autres, réunis en Pays Basque, à partir d'Ostabat, atteignent Notre Dame de Roncevaux par le port de Cize.

  Les Landes possèdent le plus grand nombre de kilomètres de chemins de Saint Jacques : - La voie du Puy-en-Velay, de 35 km - la voie de Vézelay, 120 km - la voie de Tours, 140 km - et  la voie littorale ou de Soulac, 130 km.

La voie du Puy en Velay

  Ce chemin historique, balisé depuis 1988, coupe l'extrémité Sud-Est du département des Landes. La voie coupait le Gers par Lecture, conduisait les pèlerins au tombeau de Sainte Quitterie à Aire sur l'Adour et , au delà, à Ostabat. A partir du Mas d'Aire, deux trajets distincts semblent avoir existé : le premier, au Nord, par Bahus-Soubiran, Pécorade, Geaune et Pimbo. Le second, au Sud, par Miramont Sensacq et Pimbo.

La voie de Vezelay

  La Via Lemovicensis du guide du pèlerin conduisait les pèlerins de Compostelle venus du Nord de la France et de l'Europe depuis le sanctuaire de la Madeleine, à Vézelay, jusqu'aux Pyrénées. Cette voie passait par Limoges et Périgueux, puis entrait dans les Landes au Nord de la commanderie de Bessaut et traversait Roquefort, Mont de Marsan et Hagetmau jusqu'à Ostabat en Pays Basque. Réhabilité de 1998 à l'an 2000, cette voie comporte un refuge tous les 15 kilomètres ainsi que des balises qui permettent de suivre les itinéraires sans carte.

La voie de Tours

  C'est la via Turonensis du guide du pèlerin du XIIème siècle, ou voie de Tours, ainsi nommée car elle passait à Tours, au tombeau de Saint Martin vénéré depuis le Vème siècle. Elle débutait à l'église Saint Jacques de la Boucherie, à l'emplacement de la tour Saint Jacques à Paris, où se rassemblaient des foules de pèlerins venus de l'Europe du Nord, avant leur départ vers Poitiers, Blaye, Bordeaux, Ostabat et Roncevaux. Dans les Landes, le tracé de la voie de Tour se confondait avec celui de la voie romaine. L'itinéraire d'Antonin le Pieux publié au IIème siècle après Jésus Christ, mentionne sur ce parcours : Telonum (Liposthey) et Coequosa (Castets). Cette voie est balisée depuis 2002.

La voie du Littoral ou de Soulac

  Depuis l'antiquité, une voie de communication reliait Soulac et Bayonne, le long de la dune littorale atlantique. Ce chemin serait la branche occidentale de la voie romaine de l'itinéraire d'Antonin, une partie du double chemin de Bordeaux à Dax qui permettait de relier les stations maritimes du golfe de Gascogne, de surveiller la côte, d'alimenter et de protéger les flottes. L'itinéraire d'Antonin fournit quelques précieuses indications sur les étapes de cette voie : Segosa (Mimizan), Mosconium (Mixe). Traversant le pays de Born et le Marensin, la voie est depuis des siècles restée dans la mémoire des habitants de la région. Au Moyen-Age, elle était jalonnée de commanderies de templiers et d'hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, haltes sûres et secourables dans lesquelles trouvaient refuge les Jacquets, dans la traversée de ces contrées alors réputées désertiques et hostiles. 

  A la recherche des gens qu'ils rencontrent, les pèlerins ont soif d'authenticité, et cela, les Landes ont toujours su la préserver.